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22 octobre 2008

Pourquoi j'aime Cyndi Lauper

Cyndi Lauper au BataclanLe concert de Cyndi Lauper lundi 20 octobre au Bataclan, à Paris, était formidable. Et ce malgré des problèmes de sons (dans la fosse on ne l'entendait pas parler et au balcon, sa voix a été couverte par la musique pendant la première chanson, un peu moins ensuite) et l'impossibilité pour la chanteuse d'obtenir des techniciens que les lumières correspondent à ce qu'elle demandait. Et il faisait 40°, aussi, ce qui est habituel au Bataclan, mais Cyndi Lauper n'avait pas dû être prévenue. Et comme elle se donne à fond, elle a été contrainte de commencer à s'éponger le visage dès les premières minutes. J'en viens très vite au positif de cette soirée, mais à chaque fois que j'assiste à un concert en France et que tout n'est pas parfait, je me sens mal à l'aise, comme si nous étions incapables d'accueillir ces artistes comme ils le méritent. Et là, Cyndi Lauper avait l'air particulièrement frustré, et c'est dommage.




Cyndi Lauper au BataclanParce que malgré tout, c'était génial. Le mot est galvaudé, mais il est juste. Une heure et demie de bonheur. Cyndi Lauper a 55 ans, une longue carrière derrière elle (devant elle aussi apparemment, puisqu'elle compte vivre aussi longtemps que sa grand-mère, jusqu'à 99 ans, si je me souviens bien, mais je ne prenais pas de notes), de l'énergie à revendre. On a envie de dire qu'elle a “toujours” autant d'énergie, mais ce serait un affront, d'une certaine façon. Ce n'est plus la gamine de “She's So Unusual” (1983) et tant mieux. Elle porte son âge, et elle le porte bien. Elle a donc l'énergie d'une femme de 55 ans en super forme et qui aime ce qu'elle fait. Elle a chanté une bonne partie de son nouvel album, “Bring Ya To The Brink”, qui, même s'il est très dance, passe très bien en live. Comme quoi, quand on a une vraie voix, il n'est pas nécessaire de la trafiquer. Et nous avons bien sûr eu droit à toutes les chansons que j'aime, de “She Bop” à “True Colors” (vidéo ci-dessous, j'en ai encore la chair de poule malgré le crétin qui hurle son amour à 1'54 sur “Rain On Me”), en passant par “Time After Time”, “I Drove All Night” ou “Girls Just Wanna Have Fun”, pour laquelle elle a fait revenir sa première partie, Robots In Disguise (très sympa, et pas dupe sur la froideur polie du public qui attendait sa star).








Cyndi Lauper au Bataclan
J'ai beaucoup aimé le personnage aussi. Lorsqu'elle promet à un spectateur qui lui tend son éventail (très joli, avec des plumes rouges) qu'elle le prendra à la fin du spectacle, mais que là, il en a encore besoin. Lorsqu'elle essaie de prononcer le mot “chaud”. Ou lorsqu'elle vient s'installer derrière deux des Robots In Disguise pour que la lumière s'arrête enfin sur elles. Et son engagement aux côtés de la communauté LGBT joue évidemment un rôle important — elle présentera d'ailleurs La nuit gay de Canal + le 7 novembre prochain. Le public était très gay et c'était assez amusant, du balcon, de ne voir que des têtes d'hommes. Les femmes devaient être en haut (comme moi) parce qu'à la sortie, c'était en revanche très mixte (et lesbien).

C'était aussi un concert fantastique parce que Cyndi Lauper est une vraie musicienne. À de nombreuses reprises, c'est de la musique, et juste de la musique, que nous avons entendu. Et parce que la comparaison avec Madonna est quasiment inévitable — elles ont débuté à peu près en même temps, avec des carrières radicalement différentes —, je pense que c'est une comparaison que l'on peut résumer assez simplement: Madonna est avant tout une danseuse, Cyndi Lauper est une chanteuse.




À écouter, la chronique “Sortie de salle” de France Info, avec Erwan Perron de Télérama.

PS: Il reste des places pour les concerts de Vienne et d'Amsterdam, entre autres.
PPS: Bob Sinclar était à côté de nous. Pour un prochain remix de Cyndi?

Photos ©Eran Guterman

2 octobre 2008

Pourquoi j'aime “Newport Beach” et Mischa Barton

Mischa Barton dans Newport BeachDepuis un mois, je découvre Newport Beach (The O.C., en version originale), grâce aux rediffusions de France 4. Quand je m'occupais des pages Infos de Têtu, et du Quotidien de tetu.com, j'ai publié plus d'une brève de l'excellent Louis Maury sur cette série, mais je ne l'avais jamais vue jusqu'ici.

J'ai passé les premiers épisodes à pleurer (les gentils riches qui recueillent le garçon super intelligent mais né dans un milieu défavorisé, avec moi ça marche toujours). Les drames à la Santa Barbara, les dialogues bourrés de phrases qui auraient dû devenir cultes même en VF, les idées saugrenues (le poney qui souffre d'alopécie, il fallait y penser), j'adore. Et je suis fan d'Adam Brody, alias Seth Cohen. J'aime tout chez lui, sa façon de jouer, son personnage, ses mimiques, son côté Kate Moennig (on dirait son petit frère beaucoup moins sensuel) et même ses parents dans la série (Peter Gallagher et Kelly Rowan). Et aussi qu'il ait joué dans Mr. & Mrs. Smith, de Doug Liman, qui est également l'un des réalisateurs/producteurs/consultants de Newport Beach.

Pour revenir à Newport Beach, il y a, bien sûr, évidemment, Mischa Barton (photo). Mischa Barton et moi, c'est une longue histoire. En 2001, elle débarquait dans Once and Again (Deuxième chance en français), dans le rôle de Katie, dont Jessie (Evan Rachel Wood, qui depuis est devenue plutôt space) tombait amoureuse. Une très jolie histoire d'amour adolescente. Mischa Barton a aussi joué dans Lost and Delirious, de Lea Pool, excellent film totalement déprimant sur l'adolescence et la difficulté de vivre une relation dans le placard (avec Piper Perabo, revue depuis dans le beaucoup plus joyeux Imagine Me & You, avec Lena Headey).

Dans Newport Beach, Mischa Barton est Marissa Cooper. Marissa, c'est un peu la fille que tout le lycée envie. Elle est ravissante (ses poignets me font fondre complètement), super fashion et elle claque le fric de ses parents au centre commercial dès qu'elle a un coup de blues ou qu'elle s'ennuie. Sauf que sous le vernis, c'est l'ado perturbée dans toute son horreur. Elle carbure à la vodka dès le petit déjeuner, son père est un escroc pathétique (il a détourné des millions de dollars, juste parce qu'il ne sait pas dire non à sa femme), sa mère ne s'intéresse qu'à l'argent et à l'apparence… Il y a une scène absolument poignante en début de 2e saison, dans laquelle Marissa se met à hurler au bord de la piscine. Ça ne dure que quelques secondes mais je ne m'attendais pas à quelque chose d'aussi fort dans cette série somme toute assez banale.

Et une fois de plus, Mischa joue une fille qui tombe amoureuse d'une fille, et là aussi, j'aime la façon dont l'histoire est traitée, le premier baiser, les coming-outs auprès des copains, des parents et tout et tout. Je n'ai pas encore vu la rupture — rien ne dure dans cette série — et malheureusement, pour avoir surfé sur AfterEllen, je crains que les auteurs de la série se soient sérieusement plantés. Et j'attends toujours qu'on nous montre le poney chauve. Ah la la.

[EDIT: Bon, ça y est, j'ai vu la rupture. C'est vrai, c'est assez nul, mais pas plus que les autres. Quand je disais que rien ne dure dans cette série… 02/10/2008 à 23h35]

Newport Beach, du lundi au vendredi à 17h25 sur France 4.

Photo © FOX via AlloCiné

28 septembre 2008

Pourquoi j'aime la Wii

Parce que jouer à la Wii, c'est exactement comme cette pub de dingues, à aller voir directement sur YouTube sinon c'est pas drôle.

Via TechCrunch France

26 septembre 2008

Pourquoi j'aime “Point de côté” de Josyane Savigneau

Je n'aurais jamais lu Point de côté (Stock), le livre de Josyane Savigneau, si je ne la connaissais pas. Ou peut-être dans 10 ans, un été, au hasard de mes trouvailles dans la bibliothèque de mes beaux-parents. Parce que les autobiographies, de même que l'autofiction, me gonflent. Les gens qui racontent leur vie m'ennuient. C'est l'hôpital qui se moque de la charité, me direz-vous, parce que je fais quoi d'autre, sur ce blog, que de raconter ma vie? C'est exact, ça démontre juste, une fois de plus, que je suis pleine de contradictions.

J'ai donc lu Point de côté parce que je connais Josyane Savigneau — elle a longtemps été la chef de ma mère au Monde des Livres et, moins longtemps et plus récemment, celle (pas exactement mais c'est pour faire bref, pour une fois) de MyLove. J'ai lu et j'ai aimé. D'abord parce qu'elle écrit super bien. C'est peut-être naïf comme remarque, puisque je l'ai lue, beaucoup, dans Le Monde, mais on n'écrit pas de la même façon un article et un livre, qui n'est pas juste un “livre de journaliste”. Là, elle a la place de laisser s'épanouir sa plume, et c'est un bonheur. Elle parle du Monde, bien sûr, mais pas trop; des attaques dont elle a fait l'objet au fil des années, avec beaucoup de dignité, sans tomber dans la rancœur, ce qui pourtant aurait été humain; et beaucoup d'elle-même, et finalement, c'est ça, le plus intéressant, j'en suis la première surprise (cf mes réserves sur les autobiographies au début de ce message). Son enfance à Châtellerault, du “mauvais côté du pont”, sa découverte de Simone de Beauvoir, son émerveillement pour New York, et plus tard, Le Monde, les rencontres avec, entre autres, Philippe Sollers (une amitié qui lui a été tellement reprochée que c'est à se demander pourquoi, à part dans le milieu de l'édition et de la critique littéraire, tout le monde s'en bat le coquillard avec une patte d'alligator femelle), Philip Roth, Marguerite Yourcenar, Eudora Welty, Françoise Sagan, Hector Bianciotti, Edwige Feuillère et, bien sûr, Juliette Gréco.

J'ai été hallucinée par l'interview dans Têtu — et ce n'est pas (juste) parce que j'ai quitté ce journal en plein désamour. Après une intro trop longue et tendancieuse, les questions ne portent quasiment que sur les amours de Savigneau, ou plus précisément sur avec qui elle a baisé ou non. J'ai longtemps essayé de convaincre des lectrices potentielles, mais pas seulement, que Têtu n'était pas un journal de cul, mais finalement, peut-être que si, par moments. Est-ce que Josyane Savigneau a couché avec Juliette Gréco? Bien sûr on se pose la question, on aime tous les ragots, mais le plus amusant, c'est de se poser la question, la réponse n'a pas d'importance. Honnêtement, si elle répondait “Oui”, ça changerait quelque chose à votre vie?

Ce qui compte le plus pour moi, ce n'est pas de faire rentrer Jo dans une case, d'autant que comme me le répétait mon amie Karla à l'époque de mes études à Glasgow (elle s'était donné le rôle d'ersatzmutter vis-à-vis de moi, ce qui pour une gamine larguée en plein coming-out est une chance incroyable), rien n'est définitif. Même moi, en couple depuis 14 ans avec MyLove, je ne peux pas préjuger de l'avenir, même si j'ai une bonne idée de ce que j'aimerais qu'il soit. Mais on ne peut jamais être sûr de rien, je rencontrerai peut-être une femme, voire un homme, dans 20 ans qui fera basculer ma vie. J'espère que non, parce que j'aime trop ma vie telle qu'elle est, avec MyLove, MyLittleLove et notre jolie famille réinventée, mais on ne sait jamais. Bref, Jo n'entre pas dans les cases. Elle n'est pas hétéro à 100%, elle n'est pas non plus lesbienne à 100% et je ne suis même pas convaincue qu'elle se voit bisexuelle.

Ce qui m'intéresse en revanche, c'est qu'elle ait l'impression que si elle avait fait un coming-out de lesbienne clair et ferme, elle aurait été mieux protégée contre les attaques. Parce qu'elle aurait fait partie d'une communauté. Non seulement je pense qu'elle a raison, mais cela me pousse à me demander si ma communauté, justement, la communauté homo au sens large, ne devrait pas s'interroger sur son rôle et ses devoirs lorsque l'un des siens a besoin d'être entouré, fût-il à la marge. Ne sommes-nous pas justement une communauté de gens (que ce mot est laid, il faut que je trouve mieux la prochaine fois) à la marge, hors normes? Un gay patenté épouse une femme et nous crions à l'homophobie intériorisée. Qui existe, c'est clair, mais parfois un gay tombe juste amoureux d'une femme. Certains trouvent aussi que Bertrand Delanoë n'est pas assez gay parce qu'il n'est pas aussi extraverti que son homologue berlinois Klaus Wowereit. On en revient aussi à la question du coming-out, ou du non coming-out, des célébrités. Et si c'était juste une question de caractère? C'est grave, docteur? Nous nous plaignons — généralement à juste titre — du rejet dont nous faisons l'objet en tant que lesbienne, gay, bi, trans, queer en tous genres, mais sommes-nous vraiment plus ouverts, plus accueillants? Une communauté, c'est comme une famille: on n'est pas obligés de tous s'aimer, mais quand l'un des membres patauge dans la mélasse, il doit pouvoir compter sur les autres. Et non, ce n'est pas une métaphore pour parler de la crise financière actuelle.

Point de côté, de Josyane Savigneau (Stock). En librairie le 2 octobre 2008.

18 septembre 2008

Pourquoi j'aime Brad Pitt


Non, ce n'est pas juste parce qu'il forme un couple de rêve avec Angelina Jolie, pour qui je craque totalement. Ce n'est pas non plus juste parce qu'il est le plus lesbien des acteurs d'Hollywood (avec Johnny Depp). Depuis Thelma et Louise, Brad Pitt fait partie de mes icônes, et quasiment tout ce qu'il a fait depuis me conforte dans mon idolâtrie. J'aime qu'il ait joué dans Confessions of a Dangerous Mind parce qu'il est pote avec George Clooney, et qu'ils soient ensemble dans Ocean's Eleven (et Twelve et Thrirteen), et que les films soient d'une efficacité jouissive. J'aime qu'il ait rencontré Angie sur le tournage de Mr. & Mrs. Smith — qui repasse ce soir sur M6 mais que je regarderai en DVD, en version originale, parce que de toute façon ma télé ne fonctionne pas—, et qu'on sente pendant tout le film qu'ils sont en train de tomber amoureux, comme Bogart et Bacall dans Le Port de l'Angoisse. J'aime qu'il ait 45 ans et soit toujours aussi beau et sexy.

Mais je crois que ce qui me maintient dans mon état de fan absolue, c'est son grand cœur, et la diversité de ses actions. Angelina Jolie accouche à Nice et Brad offre des jouets aux enfants de l'hôpital. Il a fait un don de cinq millions de dollars pour aider à la reconstruction de la Nouvelle-Orléans après le passage de l'ouragan Katrina. Et là, il vient de donner 100.000 dollars à ceux qui se battent contre la “Proposition 8”, un referendum visant à inscrire dans la Constitution californienne que seul le mariage entre un homme et une femme y est légal, annulant l'arrêt de la Cour suprême de l'État qui a ouvert le mariage aux couples de même sexe en mai dernier. C'est le don le plus important fait par une célébrité dans cette lutte. “Parce que personne n'a le droit d'empêcher les autres de vivre leur vie, même s'ils ne sont pas en accord avec leur façon de la vivre, parce que tout le monde a le droit de vivre sa vie tel qu'il l'entend tant qu'il ne fait de mal à personne d'autre, parce que la discrimination n'a pas sa place en Amérique, mon vote ira à l'égalité et contre la Proposition 8”, a déclaré l'acteur dans un communiqué cité par le LA Times. Le vote aura lieu le 4 novembre, en même temps que l'élection du président des États-Unis.

Photos © Canal Studio, SND et Ciné Classic via AlloCiné